Finances Publiques & Cadrage Budgétaire

Trajectoire budgétaire 2026 : entre impératifs d'investissement et soutenabilité de la dette souveraine

À l'aube des arbitrages financiers déterminants pour le prochain cycle triennal, la gestion des finances de l'État marocain navigue entre relance productive, financement de l'État social et impératif de préserver les équilibres macro-budgétaires.

Rédigé par la Rédaction Économique
Département Analyses & Finances Publiques
• • 8 min de lecture
Réunion de travail sur la trajectoire budgétaire de l'État marocain
Réunion de concertation stratégique sur la trajectoire budgétaire de l'État marocain et les arbitrages du cadre pluriannuel de la dépense publique. Crédit : AP Archive.

L'élaboration du budget de l'État ne se résume pas à un simple exercice comptable d'équilibre entre recettes et dépenses. Au Maroc, la loi organique relative à la loi de finances (LOLF n° 130-13) a consacré une logique de performance pluriannuelle axée sur les résultats, plaçant la soutenabilité de la dette et la qualité de la dépense au premier plan du débat démocratique.

Face aux exigences croissantes de financement des réformes structurelles — notamment la généralisation de la protection sociale, la rénovation des infrastructures territoriales et la transition énergétique — la programmation budgétaire doit concilier des priorités concurrentes sans compromettre les ratios prudentiels du Trésor.

L'élargissement de l'assiette et le rendement de l'impôt

La soutenabilité budgétaire repose en premier lieu sur la capacité de l'administration fiscale à mobiliser des recettes pérennes sans surcharger l'appareil productif formel. Les orientations issues des Assises nationales sur la fiscalité et la loi-cadre n° 69-19 continuent de guider la politique de l'État : élargissement graduel de l'assiette, lutte contre l'évasion fiscale et redistribution équitable du fardeau contributif.

« La crédibilité d'une trajectoire financière publique ne s'évalue pas à l'optimisme de ses hypothèses de croissance, mais à sa capacité de résister aux chocs exogènes tout en garantissant la continuité des services de l'État. » Rapport sur la programmation budgétaire pluriannuelle

Dans ce contexte, la rationalisation des dépenses fiscales (dépenses dérogatoires accordées sous forme d'exonérations) demeure un levier stratégique. Chaque dirham d'exonération doit être rigoureusement évalué au regard de son impact économique et social réel sur les territoires.

Conclusion et perspectives pour l'évaluation publique

La trajectoire budgétaire 2026 illustre la maturité croissante de la gestion publique marocaine. En renforçant les instruments de contrôle parlementaire et la transparence des comptes publics, l'État consolide la confiance de ses partenaires institutionnels et citoyens, condition essentielle de la réussite des chantiers d'investissement.

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